Les fossoyeurs sont venus en équipe aujourd’hui au vieux cimetière d’Écaussinnes pour un carré d’exhumation, un métier difficile et malheureusement méconnu.
Apprendre à travailler en équipe : immersion au cœur d’un chantier d’exhumation
Apprendre à travailler en équipe, voilà l’objectif de la formation lancée par Xavier Deflorenne. Ce matin-là, les participants ont commencé leur journée ensemble, en s’attelant à libérer de l’espace dans un cimetière, un travail aussi technique que méconnu.
Pour Xavier Deflorenne, ces formations sont essentielles pour redonner du sens à un métier souvent réduit à tort à de simples tâches physiques. Il organise régulièrement des chantiers de formation aux exhumations afin de réapprendre aux fossoyeurs leur métier. Une fonction bien plus complexe qu’il n’y paraît, mêlant savoir-faire technique, gestion des risques et respect des défunts.
Depuis 2019, il développe également un système de mutualisation entre communes, permettant de regrouper les équipes pour gagner en efficacité. Une réponse à une réalité de terrain : le manque de personnel et une vision parfois trop simpliste du métier. Considérer que le travail du fossoyeur se limite à creuser un trou est, selon lui, une aberration.
Car au-delà des inhumations, les exhumations font partie intégrante de la gestion des cimetières. Avec le temps, certaines sépultures sont abandonnées, faute d’entretien par les familles. Les communes doivent alors intervenir pour assainir les terrains et les rendre à nouveau disponibles.
Un constat partagé par Sébastien Deschamps, qui souligne l’obligation pour les communes de la Région wallonne d’organiser régulièrement ce type de chantier. Une première opération a été menée à petite échelle afin de rattraper le retard accumulé, avec la volonté de relancer une gestion plus active des cimetières grâce à la collaboration entre différentes entités.
Mais sur le terrain, les conditions restent exigeantes. Les fossoyeurs font face à des réalités éprouvantes, tant physiquement que psychologiquement. Une exhumation implique des risques physiques liés à la manipulation, des risques chimiques, ainsi que des enjeux psychosociaux importants.
Ce travail demande rigueur, formation et une certaine distance émotionnelle. Il doit être réalisé avec respect, autant pour les défunts que pour les travailleurs eux-mêmes, afin de garantir leur sécurité.
Souvent discret et peu mis en lumière, le métier de fossoyeur reste pourtant essentiel au bon fonctionnement des communes. Un travail de l’ombre, indispensable, qui mérite davantage de reconnaissance.
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